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Tourisme et durabilité : de l’affichage aux chiffres

27 octobre 2026

Hôtels, lieux de réunion, organisateurs d’événements : depuis deux ans, les plateformes de réservation, les acheteurs professionnels et la loi ont changé ce qu’ils attendent en matière de durabilité. Un engagement affiché ne suffit plus. Les trois demandent une preuve, et cette preuve commence par une mesure. Voici les chiffres, puis un exemple : l’hôtellerie genevoise.

Les voyageurs réservent certifié

Dans l’enquête annuelle de Booking.com publiée en avril 2026 (32 500 voyageurs, 35 marchés), 36 % des répondants prévoient de séjourner cette année dans un hébergement qui détient une certification de durabilité. En 2025, 100 millions de nuitées ont été réservées sur la plateforme dans des hébergements certifiés par un tiers.

Le mot qui compte est « certifié ». 37 % des voyageurs interrogés ne font pas confiance aux options simplement étiquetées « plus durables ». Booking.com en a tiré la conséquence en mars 2024, après une intervention de l’autorité néerlandaise de la concurrence : son propre badge Travel Sustainable, fondé sur l’autodéclaration, a disparu. La plateforme n’affiche plus que les certifications délivrées par un organisme tiers. Elles couvrent 28 000 établissements, 22 % de plus qu’un an auparavant.

Les acheteurs professionnels demandent des données

Les entreprises qui achètent des nuitées et des séances ne cherchent pas un logo. Selon la GBTA Foundation, 92 % des acheteurs de voyages d’affaires jugent la durabilité prioritaire, 65 % souhaitent des données d’émissions mesurées selon des normes communes, comparables d’un hôtel à l’autre, et 9 % imposent déjà des hébergements durables à leurs collaborateurs.

Les organisations internationales vont plus loin. Depuis janvier 2025, la ligne directrice d’achats durables du PNUD pour les services hôteliers et de conférence demande aux fournisseurs un inventaire de leurs émissions de gaz à effet de serre et une réduction de leur consommation d’énergie de 2 % par an.

La loi fixe une trajectoire

La loi fédérale sur le climat et l’innovation est en vigueur depuis le 1er janvier 2025. Elle fixe l’objectif de zéro émission nette en 2050 pour la Suisse, et attend de chaque entreprise qu’elle y contribue. Les cantons ajoutent leurs règles. Genève vise une réduction de 60 % de ses émissions en 2030 par rapport à 1990. Sa loi sur l’énergie impose un audit et une convention d’objectifs aux sites qui consomment plus de 0,5 GWh d’électricité ou 5 GWh de chaleur par an, et une rénovation aux bâtiments dont l’indice de dépense de chaleur dépasse 222 kWh/m² par an.

Une mesure avant le label

Ces trois demandes ont un point commun. Le voyageur veut un label : il repose sur un audit. L’entreprise veut des chiffres : ils reposent sur une mesure. La loi veut une trajectoire : elle part d’un inventaire. Dans les trois cas, le point de départ est le même, une donnée vérifiable, propre à l’établissement, que l’on peut présenter à un auditeur, à un acheteur ou à une autorité.

L’exemple de l’hôtellerie genevoise

Swisstainable est le programme national de durabilité du tourisme suisse. Il coexiste avec des labels internationaux comme Green Key, Green Globe, EarthCheck, ibex fairstay ou ISO 14001. Son niveau III – leading repose sur une certification externe complète, celle que les plateformes affichent.

Nous avons croisé le Répertoire des entreprises du canton de Genève avec la liste des établissements Swisstainable publiée par Suisse Tourisme, en octobre 2026. Sur 219 entités classées hôtels dans le registre cantonal, 56 sont engagées dans le programme : 29 au niveau I – committed, 6 au niveau II – engaged, 21 au niveau III – leading. Autrement dit, un hôtel genevois sur quatre a pris un engagement public, et un sur dix dispose de la certification que ses clients peuvent voir en réservant. Les niveaux II – engaged puis III – leading sont le chemin qui rend cet engagement vérifiable.

Précisions de méthode. Les 219 entités correspondent à 190 adresses ; l’Office cantonal de la statistique compte 125 hôtels au sens statistique, parce qu’il exclut les établissements de moins de dix lits et ne compte qu’une fois les sociétés d’un même site. Les 56 établissements engagés sont comptés après dédoublonnage des raisons sociales. Les plateformes affichent les certifications tierces qui fondent le niveau III – leading, pas le niveau lui-même.

Ce que cela change pour un établissement

L’ordre des opérations s’inverse. Hier, on choisissait un label, puis on rassemblait les pièces. Aujourd’hui, la mesure vient d’abord, parce qu’elle sert tout le reste : la fiche de la plateforme, la réponse à l’appel d’offres, le rapport annuel au Global Compact, la convention d’objectifs du canton et, le moment venu, le dossier de certification. C’est par là que nous commençons avec chaque établissement : nos services.

Sources

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